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Pascal Thévenet : analyse-valise

« Rencontrer Fred Mars Landois, est-ce rencontrer son oeuvre, son ­personnage, l’homme ? Quoi analyser ?

Citant Warum Joe, dans le fameux morceau Electrolyse, « il (Fred Mars Landois) est entré en analyse comme les soldats vont à l’église ».
Mais ­comment vont les soldats à l’église ? Mars. Dieu de la guerre. Ou barre chocolatée surcalorique. Et d’autres encore. Dans le cas qui nous intéresse, c’est un acronyme : Mammifère Animal Respirant à la (en ?) Surface. C’est donc dire que Fred Mars Landois retient sa respiration lorsqu’il est en profondeur, qu’il a inspiré fortement avant de s’immerger. « Il (Fred Mars Landois) est entré en analyse comme le soleil sur la banquise».
Sous la surface glacée, il cherche la faille qu’il lui permettra d’expirer. Cette faille pourrait être l’art dans ce qu’il en fait : un possible ­d’expiration après suffocation. L’art de Fred Mars Landois expire plus qu’il n’inspire.
Il assène des slogans, des images, des références longtemps pesés, décryptés, formalisés. Il exhale un souffle d’air vicié, celui du monde post-moderne qui fait produire à Maître Cornille, personnage ­d’Alphonse Daudet, des sacs de plâtre plutôt que des sacs de farine, son moulin souffrant de la concurrence des nouvelles minoteries ­à vapeur. Ne pas perdre la face. Est-ce là légitime ? Ou une marque de vanité (ta mère) ? Fred Mars Landois oeuvre dans une pliure du monde, là où passé (Warhol, Tito…) devrait modifier le présent fait d’une société mondiale de consommation. Là où le reenactment ferait que le pop art n’existât jamais et que les pays non-alignés démantelassent les blocs capitalistes et soviétiques. Là où Fred Mars Landois passerait le relais ­à ­Frédéric Landois : « je suis entré en analyse comme on prépare sa valise ».